Weekend cascade de glace en Haute-Maurienne

13-16 janvier 2022

Participants : Benoit, Bruno, Guillaume, Léo, Max, Nicolas et Gaspard

Acte 1 : ça dit quoi les conditions de glace ?

Pour son premier weekend d’initiation à la cascade de glace, Pic & Col visait le paradis de la glace. Et, comme pour celles à base de crème qu’on déguste au gouter durant les chaudes journées d’été, c’est aussi en Italie qu’on trouve parmi les plus belles glaces sur lesquelles grimper à coup de piolet. À Cogne plus exactement, cette vallée froide habillée sur ses flans par de jolies et impressionnantes cascades. Oui mais voilà, le Covid est là, et rend plus incertaines les conditions du/incertain le passage de la frontière. Pour éviter les péripéties hasardeuses, on se décide à organiser le weekend en France. Mais où atterrir ? Ces premières semaines de janvier sont marquées des deux ennemis des glaciéristes : le redoux et le temps sec. Une collecte d’informations indique que les conditions sont meilleures au sud, dans le Briançonnais et le Queyras. Pas de bol, c’est aussi ce weekend qu’a lieu par là-bas l’ICE-Climbing-Écrins, un gros rassemblement autour de l’activité de cascade de glace. Traduisez : ça va être bondé. On envisage alors de se tourner vers la Haute-Maurienne, mais avec un gros point d’interrogation sur les conditions. Entre temps, plusieurs désistements ont taillé dans les effectifs du groupe. Après concertation, on se motive pour aller voir, confiants dans le fait de trouver de quoi s’occuper au moins deux journées, et on décide de prendre les skis pour les approches.

Comme le dit un proverbe montagnard, « toute course commence toujours par faire les courses ». Nous nous retrouvons donc tous le jeudi soir au Casino Géant (qui, effectivement, est vraiment très grand) pour acheter les repas du soir et les p’tits-déj. Légumes, fruits, café, thé, fromage, céréales, fromage blanc, apéro… Les cabas sont vites remplis, et rejoignent les skis et autres sacs dans le Trafic de Guillaume qui nous a été bien utile pour convoyer tout ce bazar. Et voici les Sept (ni samouraïs, ni mercenaires…) partis dans la nuit noire et froide à la découverte des potentialités glacées et du charme discret de la Haute Maurienne, avec l’espoir d’un weekend animé. Nous ne serons pas déçus !

Arrivés à Val Cenis, nous découvrons ravis le petit chalet que Max nous a dégoté par l’intermédiaire d’un ami. Un grand salon, plusieurs chambres, joliment décoré. Et surtout son emplacement : bien central dans la Haute-Maurienne. Les affaires déballées, les courses rangées, les couchages préparés, les choses sérieuses peuvent commencer.

Guillaume et Bruno s’attèlent à la première des choses sérieuses : déplier pour démêler les cordes neuves.

Acte 2 : « relai vaché ! »

Tout le monde dans le groupe étant autonome en cascade, nous formons des cordées de deux et de trois et partons pour des cascades de plusieurs longueurs.

La cascade du Chatel, un joli terrain de jeu accessible en 40 min de marche depuis le village. Les lignes passent partout : tout à gauche, dans la grotte, à droite, avec la sortie « mixte », ou tout droit.

Ce vendredi, nous nous rendons à la cascade du Chatel, une très belle ligne, aux difficultés modérées mais qui offre tout de même de jolis passages verticaux. La cascade comporte en outre plusieurs voies alternatives ce qui permet de ne pas se marcher dessus. Nous choisissons d’attaquer au centre, avec un premier ressaut d’une dizaine de mètres, un second d’une trentaine, puis un troisième de 15 mètres. La glace est plutôt bonne, l’ambiance est détendue, parfait pour commencer ! Max et Léo choisissent une sortie par une voie « dry » (où l’on grimpe sur du rocher en utilisant les piolets et les crampons). Au sommet, une partie de l’équipe est rassasiée pour la journée. Léo, Max et Gaspard décident de redescendre pour parcourir la rive droite de la cascade qui passe dans une grotte : splendide ! Il est un peu plus de 15h30 quand nous arrivons en haut, il est temps de prendre la descente pour retrouver les autres qui nous attendent au village.

Retour au chalet. Chips et apéro sortis, Bruno se lance dans la préparation d’un risotto qui régalera nos âmes (et nos estomacs) pour le repas du soir. À table, nous discutons de tout et de rien, mais surtout de montagne. Les dernières sorties de chacun, les projets à venir, les bons souvenirs et les galères qui se terminent bien.

On a refait la déco avant de commencer l’apéro.

Samedi. Au réveil, Max est déjà parti depuis une heure. Il a prévu une grande voie mixte avec un pote à lui à la pointe de Tierce, dans les grandes murailles de roche qui voisinent la jolie goulotte Grassi par sa gauche. « Bal masqué », une voie très dure dans laquelle mieux vaut attendre les relais pour faire un petit ♪ décalécatan décalécatan, ohé ohé ♬

Nous autres avons décidé d’aller saluer la cascade de la Frête et ses impressionnants rideaux et cigares de sortie. Depuis le parking, nous distinguons que deux autres cordées nous devancent. Une partie du groupe préfère ne pas aller s’agglutiner à 9 sur une cascade (ce qui est dangereux en raison des chutes de glace) et file un peu plus loin dans la vallée à la cascade de Saint-Landry (d’où la chanson « si trop de cordées sont de sortie, viens faire un tour à Saint-Landry »…). Là-bas, ils trouvent de belles lignes à parcourir. Arrivé en haut, il faut encore tirer des rappels pour descendre. Léo se charge du jeté de cordes, qui font un classique pâté de nœuds. Le temps de tout démêler et de descendre, et le tour est joué. Là dessus, une membre d’un club féminin d’alpinisme présent ce jour là fait remarquer qu’elle a vu une paire de piolets plantée au relai là-haut… « Ah bah oui tient, ils sont où mes piolets ? » lâche Benoit. Bon, y’a plus qu’à remonter.

Guillaume et Gaspard ont grimpé la Frête, avec trois belles longueurs (dont une en flèche avec une autre cordée), sans emprunter le cigare de sortie : trop raide, trop dur. On s’est échappé par la droite, dans une belle ambiance avec une traversée tout en finesse, une sortie au soleil et un grand rappel pendulaire sous des monstres de glace qui ont eu l’excellente idée de ne pas nous tomber sur la tronche, merci à eux.

Le soir, Guillaume et Bruno se sont lancés dans la préparation d’une croziflette. Pour ne rien vous cacher, c’était hyper bon !

Dimanche, et dernier jour déjà. Les infos glanées sur les conditions à droite à gauche ne nous donnent pas beaucoup de possibilités, et ce d’autant plus qu’en ce dimanche ensoleillé, il risque d’y avoir du monde au portillon. On décide de séparer le groupe en deux. Une équipe file en direction de Modane, pour parcourir Pernod Ricard, une jolie cascade de trois longueurs. Il commence à faire chaud, mais l’escalade est possible, avec de jolies longueurs. Un autre groupe part vers le haut, accompagné de Thibault, un guide qui passe un weekend en famille dans le chalet voisin et qui a eu la bonne idée de venir toquer au carreau hier soir. Il nous emmène dans la cascade secrète des guides, plutôt jolie mais à peine fournie en glace. Vers 11h, sur ses conseils, on se décide à aller voir la cascade de Rébruyant, dans le très beau vallon d’Avérole, qui fait pénétrer dans la Maurienne sauvage. Là, nous découvrons une très jolie cascade de deux longueurs. Nous sommes seuls à grimper, l’ambiance est magique avec ce paysage et ces stalactites qui nous entourent !

Le retour se fait avec le coucher de soleil, et nous retrouvons les autres camarades qui, rentrés plus tôt dans d’après-midi, ont eu la gentillesse de faire une grosse partie du rangement/ménage du chalet.

Acte 3 : bonheur et bouchon

Tout le monde le dit : le plus dur en montagne, ce n’est pas la montée, mais la descente. Ce n’est pas le retour à Grenoble depuis Val Cenis à 18h qui a prouvé le contraire ! Parce qu’à la fatigue du weekend s’ajoutent les gros bouchons de l’A41. Bravo à nos pilotes Guillaume et Max d’avoir conduit au retour.

En résumé, un beau weekend à grimper, le tout dans le plus grand respect de l’esprit, non pas celui de l’excellence qui marque trop souvent la pratique de l’alpinisme, mais celui de la camaraderie, où de la cordée naît l’amitié, de l’amitié surgit l’apéro, et de l’apéro de nouveaux projets de sortie 🙂

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer