Formation secours en avalanche : avoir son matériel c’est bien, savoir s’en servir c’est mieux !

Récit de la formation au sauvetage de victime d’avalanche du 18 décembre, par Camille, une des participantes. À vos DVA/pelles/sondes, prêt·es, partez !

Ils m’entraînent au bout de la nuit !

DVA / pelle / sonde : le seul matériel qu’on est bien content·es de ne jamais utiliser. Sauf une fois par an, en début de saison, pour tester la solidité de ses connaissances et de ses réflexes lors d’une avalanche (virtuelle). Ce qu’ont fait vingts skieurs et skieuses de Pic&Col et du GAN, qui se sont retrouvé·es samedi 18 décembre pour apprendre, réviser, pratiquer ensemble les gestes de recherche de victimes d’avalanche, encadrés par Mathias Léo et Marine, nos formateurs bénévoles du jour.

La journée débute en plaine avec la théorie : qu’est-ce que la portée utile d’un DVA ? quel trajectoire faut-il tracer pendant son parcours de recherche : en U, en Z ? Vient la prise en main du matériel, c’est-à-dire un concert de bips fous et une vingtaine de sondes lancées dans les couloirs de la Maison des Sports d’Eybens.

« Une pelle en plastique, c’est une mauvaise pelle, de la même manière qu’un DVA analogique est un mauvais DVA ». La salle médite en observant son propre matériel. Les propriétaires de pelles en plastique soupirent discrètement, observent du coin de l’œil les métalliques téléscopiques brandies en exemple. Dans les rangs, ça se raconte ses galères de matériel en sortie, ça s’extasie sur le matos : « trop bien ta sonde en carbone ».

On n’est pas bien là ?

Après trois heures de savoir théorique, l’équipe dépasse le plafond grisâtre de la cuvette et se retrouve en plein soleil au Sappey-en-Chartreuse, pour une après-midi de mise en pratique. Au-dessus de la chapelle du Churut, un champ en pente douce, immaculé, exposé sud-ouest – bref, un paysage de carte postale – se révèle l’endroit l’idéal pour ensevelir des camarades sous des mètres de neige pendant toute l’après-midi, tirés au sort et équipés d’un DVA en mode… mais non, évidemment, on a planqué des sacs à dos, sérieux, vous nous prenez pour qui ?!

Installés au bord de l’autoroute du soleil version Chartreuse, des randonneureuses défilent pendant des heures, « bonjour, bonjour, bonjour ». Quelques regards interrogateurs, certain·es se lancent : « Vous faites quoi ? », « Vous êtes du CAF ? ». L’occasion d’embrigader quelques passant·es : mais si, venez à la FSGT, on y apprend la sécurité en montagne tout en faisant des igloos !

Après l’action, la réflexion : on débriefe sur ce qu’on a plus ou moins bien fait sur l’atelier.

Les groupes se succèdent sur les différents ateliers. Vu du chemin, le spectacle est sympathique. Les personnes en recherche primaire cavalent dans la neige en secouant leur DVA à proximité de leur oreille. Celles en recherche secondaire ne regardent pas où elles mettent les pieds. Pendant que certain·es sondent avec énergie et retournent le champ, les autres patientent au stand bronzette et discussions sur le bord du chemin. Et là, que la pelle soit en plastique ou en métal, au fond, peu importe tant qu’on peut y poser ses fesses dessus.

Les formateurices prodiguent des conseils personnalisés à chaque participant.e : accroupis-toi plus pour ta recherche fine, ne mets pas ton gant pour marquer ton emplacement – car on n’enlève jamais ses gants –, fais bien un escargot et pas une spirale lorsque tu sondes – bon, là, sans schéma, il faudra venir à la prochaine formation pour comprendre cette subtile nuance.

La dernière mise en pratique rassemble tous les éléments évoqués dans la journée. « Une avalanche a eu lieu entre cet arbre là-bas, et ce poteau ici, une victime est portée disparue, à vous ». Top chrono go, appel aux secours, répartition des zones à couvrir en zigzag, oh un signal stable, le bip sonore s’intensifie, c’est ici, marque l’endroit, déplie la sonde, monte la pelle, creuse et galère et recreuse et d’accord : 6 minutes à sauver ce pauvre DVA dans son sac Intermarché, c’est beaucoup trop étant donné la facilité de l’exercice. Avez-vous bien dit aux secours où vous vous trouviez ? Euh… non. Si vous avez bien lu ce CR, vous savez dire où nous étions, allez-y on vous écoute. (chapelle de Churut, enfin !)

Saurez-vous identifier les erreurs manifestes de ce groupe de sauveteurs ?

Tous les groupes sont passés. L’igloo est fini. Il n’y a plus personne sur l’autoroute du soleil. Les températures tombent, l’équipe remballe avant la nuit pendant que les derniers rayons du soleil se couchent sur la mer de nuage qui recouvre toujours Grenoble. C’est beau. Eh oui, c’est important de l’écrire dans ce compte-rendu, parce que c’est quand même aussi pour cela qu’on apprend à sauver des vies et protéger la sienne en montagne : pourvoir encore et toujours sortir pour admirer la vue.

Trois sessions de cette formation sont programmées par Pic&Col et le GAN pour la saison 2012-2022. Elles sont ouvertes à tous les clubs FSGT de l’Isère. Pensez à vous former avant de rejoindre les hordes de skieurs à peaux apparus en même temps que le covid. Pour plus d’infos, écrivez-nous à contact@picetcol38.fr.

La récompense du jour et de toujours !

Publié par mathiasvirilli

Bébé journaliste biberonné à @Atelier_medias & @mondoblog @RFI, now (un peu) @lesinternets // adorateur de voyages musicaux @EmmenezMoi_fm + @lessiestes

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer